Louise Sadran : gérer la convalescence, garder le cap et préparer son retour à cheval

jeudi, 28 mai, 2026

S’éloigner des terrains lorsqu’on est cavalier de haut niveau n’est jamais une décision facile. Pourtant, après plusieurs mois de douleurs au genou, Louise Sadran a dû mettre sa saison entre parenthèses pour subir une opération devenue inévitable.

Entre frustration, adaptation physique et préparation de la reprise, elle revient avec sincérité sur cette période particulière, et partage sa manière de rester motivée malgré l’éloignement des concours et des chevaux.


Une décision devenue obligatoire

Depuis plusieurs mois, Louise faisait face à une douleur persistante au genou.

« J’ai ce qu’on appelle un syndrome de l’essuie-glace. Ce n’est pas très courant chez les cavaliers, c’est plutôt une blessure qu’on retrouve chez les personnes qui courent beaucoup ou font du vélo. »

Après plusieurs infiltrations et sans réelle amélioration, la décision de passer par une opération s’est imposée.


« J’étais arrivée à un point de non-retour. Après deux infiltrations sans résultat, j’étais obligée de passer par cette phase-là. »

Une décision difficile, mais nécessaire pour envisager la suite sereinement.


Garder la forme malgré l’arrêt

Ce n’est malheureusement pas la première blessure de Louise. Ces dernières années, elle a déjà connu plusieurs périodes d’arrêt liées à différents inccidents. Des expériences qui lui a permis de construire une certaine routine pendant les convalescences.

« Ça doit faire la quatrième fois en quatre ans que je suis arrêtée. Donc c’est vrai que j’ai mis en place une petite routine que je fais à chaque fois. »

Même sans pouvoir monter, elle continue de travailler physiquement au quotidien.
« Je vais toujours à la salle de sport et je travaille les parties du corps encore accessibles. »

Après avoir déjà dû adapter son entraînement lors d’anciennes blessures à la clavicule ou au poignet, Louise se concentre aujourd’hui davantage sur le haut du corps, les abdominaux et le renforcement musculaire. Une manière de garder le rythme et de préparer au mieux son retour en selle.


Une frustration difficile à gérer

Pour une cavalière habituée à monter plusieurs chevaux par jour, l’arrêt brutal est forcément difficile à vivre.

« Les plus grands défis pendant la convalescence, je pense que c’est la frustration de ne pas monter. »

Passer d’un quotidien extrêmement actif à plusieurs semaines de repos forcé demande une vraie adaptation, autant physique que mentale.
« Quand on se retrouve sur le canapé pendant trois semaines, c’est difficile à accepter. »

Pour garder le moral, Louise essaie de maintenir un lien fort avec son environnement habituel.
« Je vais beaucoup aux écuries, voir mes chevaux, et j’essaie de faire autre chose pour m’occuper. »

Toujours étudiante, elle profite également de cette période pour se concentrer sur la fin de ses études et ses examens. Les concours restent aussi présents dans son quotidien puisqu’elle continue d’accompagner Jeanne et Antoine sur certaines échéances.


Une pause qui fait réfléchir

Même si cette parenthèse est difficile, elle pousse aussi à prendre du recul sur son fonctionnement et sur l’importance de l’écoute du corps.

« Pendant cinq à six mois, j’ai continué alors que la douleur s’intensifiait. Je pense que je n’ai pas fait ce qu’il fallait faire. »

Avec le recul, Louise reconnaît qu’un arrêt plus précoce aurait peut-être permis d’éviter l’opération.
« Aujourd’hui, si je devais retourner six mois en arrière, je m’arrêterais un mois pour faire ce qu’il faut plutôt que de rester têtue. »

Une prise de conscience importante dans un sport où les cavaliers ont souvent tendance à repousser leurs limites.


Préparer la reprise progressivement

Aujourd’hui, toute son énergie est tournée vers son retour à cheval.

« Je vais trois à quatre fois par semaine chez le kiné, et je continue aussi beaucoup le travail à la maison. »

L’objectif est clair : retrouver rapidement sa condition physique et limiter au maximum la perte musculaire.

Mentalement, Louise se sent sereine. Contrairement à une chute ou un accident, cette blessure ne lui laisse pas d’appréhension particulière vis-à-vis du retour en compétition.
« Ici, il n’y a pas eu d’accident ou de chute, donc mentalement c’est plus facile. »

Ses objectifs restent inchangés : reprendre les concours cet été et retrouver progressivement son niveau d’avant l’opération.


Voir le positif malgré tout

Avec du recul, Louise retient surtout l’importance de relativiser.

« Il faut trouver d’autres activités et voir le côté positif des choses. »

Pour elle, une blessure reste une étape difficile, mais temporaire.
« Quand ce ne sont “que” des blessures physiques, il faut se dire qu’on a la chance de pouvoir les réparer et revenir continuer ce qu’on aime. »

Une vision lucide et positive, qui rappelle qu’en sport de haut niveau, la récupération et l’écoute du corps font aussi partie de la performance.

La convalescence de Louise Sadran montre une autre facette du sport de haut niveau. Une période loin des pistes, mais essentielle pour revenir plus forte, plus lucide et prête à retrouver la compétition dans les meilleures conditions.

Parce qu’en équitation, apprendre à écouter son corps est parfois aussi important qu’apprendre à performer.

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